The Wrestler, Mickey Rourke, la résurrection

Vainqueur d’un Golden Globe pour son incroyable performance dans The Wrestler de Darren Arronofsky, Mickey Rourke est l’homme du mois et la preuve (sur)vivante qu’il ne faut jamais désespérer…

Difficile d’échapper au come-back tonitruant de Mickey Rourke. Mais si nous aussi, nous prenons un réel plaisir à revenir sur l’ex bad-boy des années 80, c’est que la trajectoire de cet acteur hors normes prouve que tout est permis à celui qui ne renonce jamais : avouons qu’appliquée aux convictions écolo, la nouvelle a de quoi réjouir! Suivons donc l’exemple de Mickey Rourke, tombé très profond pour mieux resurgir sous les sunlights hollywoodiens, et se voir offrir une deuxième chance aussi spectaculaire que fut sa déchéance.

1986 : Mickey Rourke vient d’enchaîner L’Année du Dragon (Michael Cimino) et Neuf Semaines et demie (Adran Lyne), réussissant l’exploit de s’affirmer comme un acteur à la fois tenté par les rôles casse-gueule (un flic d’extrême droite dans le Cimino) et capable de faire fantasmer 90% de la population féminine (suite à une série de galipettes gourmandes avec Kim Basinger). Sa trajectoire semble toute tracée : Mickey Rourke sera LA star surgie des années 80. Oui mais non. Car Mickey Rourke n’a rien du gendre idéal (rôle promis à Tom Cruise), et il ne se reconnaît pas du tout dans la case sex symbol. Pour mieux en convaincre les foules, il enchaîne deux rôles à l’opposé de cette image sexy: le détective largué d’Angel Heart (face à De Niro dans la peau du Diable) et l’écrivain alcoolo de Barfly (Barbet Schroeder). À la même époque, il multiplie les caprices de stars : altercations avec des journalistes, opposition systématique aux producteurs, comportement incontrôlable sur les plateaux… Mickey Rourke se laisse aller à la violence alors même que ses films ne font plus recette : la pente est glissante. La mise au ban d’Hollywood sera complète le jour où il joue la carte de la provoc’ politique en déclarant avoir reversé l’intégralité d’un de ses cachets à l’IRA.

1991 : réduit à cachetonner dans des nanars comme L’Orchidée sauvage, Mickey Rourke tourne le dos au cinéma pour relancer une carrière de boxeur entamée quand il était adolescent. Mal lui en prend : les coups pleuvent, le contraignant à passer entre les mains de chirurgiens peu regardants. Résultat : Mickey Rourke est le seul acteur à porter, sur son visage, les stigmates de sa déchéance. Ayant perdu dans un divorce saignant femme, maison et revenus, il en est réduit à emprunter de l’argent pour subsister. Il dit aujourd’hui avoir échappé au suicide grâce à ses chiens, compagnons fidèles des années noires.

2008 : Mickey Rourke essaye depuis plus de 15 ans de relancer une carrière au point mort. Grâce à quelques vieux amis (notamment Coppola qui lui offre un rôle dans L’Idéaliste) et à une nouvelle génération fascinée par l’icône des années 80 (Tony Scott et Robert Rodriguez), Mickey Rourke a tourné quelques bons films, mais toujours en second rôle. Impossible de monter un long métrage sur son nom. La preuve : quand Darren Arronofsky l’évoque pour le rôle titre de The Wrestler, le refus des producteurs est immédiat. Nicolas Cage prend alors sa place au générique, le temps que le réalisateur têtu de Requiem for a dream trouve en Europe de quoi financer le film avec Mickey Rourke.

Le résultat est saisissant, et va bien au-delà du cinéma, tant l’osmose entre l’acteur et son personnage est évidente. Un Lion d’or à Venise et un Golden Globe plus tard, Hollywood a retourné sa veste : Mickey Rourke est annoncé dans les projets les plus excitants de 2009, notamment Iron Man 2, Sin City 2 et le nouveau Stallone. Il l’a promis : cette fois, il ne foutra pas tout en l’air.

Mathilde Lorit

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