Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill

mamamanSur la photo, en bas dans l’angle, le pied du père Noël en personne !

Ovni de la littérature enfantine, devenu un classique et en cours d’adaptation cinématographique, Ma maman est en Amérique nous conte avec pudeur le premier trimestre de scolarité en cours préparatoire du petit Jean. Aux lourds silences qui entourent l’absence de sa maman, les auteurs jean Regnaud (scénario) et Emile Bravo (Ilustration) opposent cette légèreté de l’enfance, faite de curiosité qui transforme les chagrins en aventures.

Finement rédigé, empreint d’une pudeur qui rend l’ouvrage intemporel, l’histoire se déploie entre la fraîcheur de l’enfance et l’âpre réalité d’une disparition tue.

Dans la marmite des auteurs, une galerie de portraits bien situés s’articulent autour du petit Jean, de son improbable question et son impossible réponse : “Elle est où ma maman ? “

Emile Bravo semble répondre aux questions laissées en suspend par la plume de Jean Regnaud, par des petites touches dessinées, tout aussi en retenues. A eux deux, ils conjuguent à merveille, ce qui se dit, se regarde mais surtout, ce qui se laisse deviner.

L’histoire se déroule dans les années 70. Ca fleure bon la province. Suite à un déménagement, Jean fait son entrée en cours préparatoire, la grande école. Nouvelle maîtresse pas belle, nouveaux camarades, et une petite voisine, Michèle, chipie de deux ans son ainée, affublée d’une famille dont les hurlements se confondent à ceux des chiens dont la famille s’occupe. Et puis l’absence, personnage central de l’histoire, celle difficile, incompréhensible de sa mère. Les souvenirs diffus, les inventions qui rendent soutenables cette absence. Père taiseux, frère complice et tendre gouvernante compose la famille de Jean.

Les années 70… Une époque où taire aux enfants les secrets était de mise, où la psychologie faisait ses premiers pas dans le milieu scolaire et où les vieilles dames n’utilisaient pas encore d’anti-rides. Une carte postale, puis deux, puis trois… L’espagne, la Suisse, l’Amérique ! Michèle lit au petit Jean ses cartes postales dont l’auteur n’est autre que sa maman…

Paru en 2007, primé en 2008 à Angoulême (Essentiel), le projet d’adaptation en film d’animation sera présenté au prochain Cartoon Movie en mars 2010 et la production lancée dans l’année qui suit… Un ouvrage de littérature enfantine essentiel, comme son prix à Angoulême !

” Le soir dans mon lit, je me dis que maman, c’est comme le père Noël… Je suis trop grand pour y croire…”

1 Comment

Laisser un commentaire


Vérification : *