Micro-crédits en ligne & crédits entre particuliers, la naissance de nouvelles solidarités ?

creditsDe plus en plus de particuliers, sensibles aux problématiques Nord-Sud utilisent un moyen de soutien aux populations qui commence à faire ses preuves : financer des projets par des prêts et non par des dons. Débordant de son contexte humanitaire, la formule s’étend maintenant aux prêts entre particuliers, en Angleterre, au japon, aux états Unis, en Australie, en Italie et maintenant en France.

Crééau Bangladesh en 1976par Mohamud Yunus, le micro-crédit, originellement destiné à accorder de petits prêts à des paysans pauvres, s’est progressivement développé à en devenir un véritable moyen de financement de projets pour les faibles revenus qui ne peuvent prétendre aux prêts des banques traditionnelles.

“Apprendre à pêcher à un homme plutôt que lui donner du poisson. “

La phrase est connue de tous, mais peu la mettent en action dans le cadre humanitaire. Babyloan.org en a fait son terreau pour des actions qui s’appuient sur la confiance accordée aux emprunteurs.

Sur le modèle de kiva.org, précurseur et actuel leader du micro crédit à destination des pays du sud, en un peu plus d’un an d’activité en ligne, babyloan.org représente à ce jour plus de 4000 membres, 460 000 euros collectés et environ1600 projets financés. Attention les prêts sont à taux zéro, il s’agit de prêt caritatif. Afin de faire vivre la plateforme, Babyloan facture des frais aux prêteurs à hauteur de 1 euros par tranche de 100 euros. Idem pour lesIMF (Micro banques) qui se voit prélever un pourcentage modéré. A la différence de Kiva.org, Babyloan.org garantit le prêt. Au final, votre argent va faire le tour du monde, servir à l’achat d’un outil en Afrique, la réparation d’un logement au Vietnam,… Etfinalement au bout d’un temps défini lors du prêt, vousêtre restitué si vous le souhaitez, à moins que vous ne décidiez de le réinvestir dans un nouveau projet.

Mais les micro-crédits ont leurs revers et les situations de sur-endettement commencent à se multiplier.Encouragés par des IMF locales, certains emprunteurs n’étant plus en mesure de rembourser leurs prêts contractées, sont tentés d’emprunter à une seconde, voire une troisième IMF pour rembourser leurs prêts initiaux. Une situation dénoncée et qui demande à prendre des garanties sur les IMF locales en charge des projets avant d’effectuer un prêt.

Taux de remboursement bancaires élevés, perte de confiance dans les établissements bancaires, dans sa forme occidentale, le prêt entre particuliers progresse sur un terrain social fragilisé par la crise.

A l’étranger, des sites comme Prosper.com (leader aux Etats Unis), Zopa.com (Angleterre, Italie, Japon), ou encore lendinghub, fosik et igrin (Australie) développent le crédit entre parfaits inconnus !” Vous avez des besoins, ils ont des économies”, pourrait être leur accroche publicitaire. Une fois défini votre besoin financier, vous vous présentez un peu à la façon de facebook. Photos de vous, de votre famille, parcours pro et personnel, un grand paragraphe sur ce qui motive votre demande de crédit par ce biais et… l’ensemble de vos charges validant le fait que vous êtes solvable. Une fois fait, vous proposez un taux d’intérêt et des échéances que vous pensez pouvoir tenir. Et… vous attendez les propositions !

En France la législation des prêts ne permet pas pour l’instant de voir ces modèles se développer. Un particulier peut prêter de l’argent, mais pas à titre habituel. Les “prêteurs” sont donc réduits à un prêt unique. Si la pratique du prêt entre particulier devenait habituel, le prêteur se confronterait au monopole des établissements de crédit. Et ces dits établissements de crédit doivent être agréés par leur autorité de tutelle, selon une procédure et des critères précis et contraignants. D’autres interdits rendent impossible la démarche sur le sol français, tel que l’utilisation de bases de scoring des emprunteurs ou la “fusion” des comptes séquestres des prêteurs ainsi que la mutualisation du risque, qui là porterait atteinte au monopole des sociétés d’assurance…

Face à ces limitations légales, le site friendsclear.com,dédié aux prêts entre particuliers et créé en 2007, s’appuie sur les prêts entre amis ou au sein de la famille. Un ami ou un parent souhaite vous aider, en vous mettant en relation sur leur plateforme, les équipes de friendsclear vont vous aider àétablirles lignes contractuelles qui vous lient : reconnaissance de dettes, rappel des échéances, autant de tracasseries que s’évitent ainsi prêteur et emprunteur et qui sont censés préserver l’amitié ou la cohésion familiale ! Attention, faute d’agrément de la part de la Banque de France, la “start up” doit limiter son activité aux prêts entre particuliers à un montant maximum de 8.000 euros et sur une durée de trois ans au plus.

Nouveauté du site FriendsClear, celui-ci a conclu un accord commercial avec le Crédit Agricole début 2009qui contourne la législation tout en la respectant. L’objectif est de développer la première vraie plate-forme “P to P” française. “Un entrepreneur pourra faire appel à un cercle de prêteurs potentiels via Internet et les montants empruntés iront de 3.000 à 15.000 euros”, indique le cofondateur de FriendsClear. La formule n’ira pas jusqu’aux enchères mais permettra néanmoins d’échanger des sommes plus importantes.Le rôle de la banque dans cette configuration sera de collecter l’épargne des prêteurs, mais attention, celle ci ne se portera pas caution du prêt !

Sur Capangel.com, c’est la love money est à l’honneur. Il ne s’agit pas de prêt mais d’investissement capitalistique dans un projet. Et là encore, ce sont les amis et la famille qui sont mis à contribution. La plateforme web 2.0 permet de regrouper vos investisseurs potentiels (amis, familles, réseau pro) autour de votre projet d’entreprise et vous assure la contractualisation de l’investissement, rassurant ainsi les partenaires potentiels.Montant conseillé de l’investissement auprès des proches, entre 10 000 et 20 000 euros.

Prêts entre particuliers, Attention aux arnaques !

Creusant le filon de ces nouvelles pratiques, certains escrocs que les experts situent principalement en Afrique utilisent ce moyen pour soutirer de l’argent et des papiers aux emprunteurs grugés. Moyennant la promesse d’un chèque, l’emprunteur adresse une reconnaissance de dettes au prêteur indélicat, ainsi que la copie de ses papiers d’identité, un relevé d’identité bancaire et une somme forfaitaire pour “ouvrir un dossier”. A partir de cet instant, l’emprunteur se trouve à la merci de son hypothétique prêteur indélicat…

PS : Suite à une avalanche de commentaires de sociétés de crédit et de particuliers en tous genres, les commentaires de cet article sont fermés afin d’éviter tout malentendu… Cet article a été réalisé pour informer, non pour donner lieu à des publicités, qui après lecture des messages postés ressemblent terriblement à des pratiques douteuses !

Olivia Petrucci

1 Comment

  • JOURNALISTE

    Bonjour,

    Journaliste, je prépare un reportage sur les prêts entre particuliers qui se développent de plus en plus en France. Je souhaiterais également évoquer les escroqueries aux prêts entre particuliers sur Internet notamment.

    Je cherche donc des témoignages de personnes qui ont eu affaire à des arnaqueurs et qui seraient prêtes à nous en parler. J’en suis, pour le moment, au stade des recherches de contacts. Le reportage sera ensuite proposé à une émission comme Envoyé Spécial.

    Vous pouvez me contacter à cette adresse : amirasouilem@gmail.com

    A très vite

    Amira SOUILEM