Les entreprises, à l’heure du management durable

Et si le bonheur était soluble dans l’entreprise ?

Bonne nouvelle : performance professionnelle et épanouissement personnel peuvent faire très bon ménage. Dans les entreprises, les expériences se multiplient, avec succès. Bienvenue dans l’ère du “management durable”.

Heureux au boulot ? Le dogme managérial nous y a tellement enjoints qu’en douter confinerait presque au parjure. N’empêche… et si c’était possible ? Les managers sont de plus en plus nombreux à phosphorer dans ce sens. Parmi les pionnier de cette réflexion, Jean-François Zobrist, patron de l’usine picarde de fonderie Favi, pour qui la performance reste suspendue au bonheur et le bonheur à la responsabilisation. A la trappe les échelons hiérarchiques, vive les structures horizontales ! Sur les lignes de production de Favi, chacun travaille pour son client et non pour son chef. Et c’est l’ouvrier qui définit son tempo. Utopie autogestionnaire ? En tout cas, ça marche. Très bien, même. Et depuis presque quarante ans.

Responsabilité sociale, engagement citoyen, pression sociétale, enjeux environnementaux… Le credo du développement durable agit aujourd’hui comme un accélérateur en poussant les entreprises à concocter de nouvelles recettes managériales, autour de deux ingrédients principaux : le salarié et son bien-être. Voici venue l’ère du “management durable”.

A la clé, la révision des codes hiérarchiques. Le boss n’est plus toujours celui que l’on croit. Chez Fullsix, une agence de communication de 350 personnes, les salariés, tous les trois mois, notent leurs managers sur la base d’une quinzaine de critères de performance, de leadership, de comportement. Nostalgie du tribunal populaire ? Logique de transparence et de collégialité, répond-on chez Fullsix.

Pour être heureux dans son entreprise, encore faut-il y être connu et reconnu comme un acteur de la dynamique collective. Chez Center Parcs, on a institué le “job rotation”. A raison de trois ou quatre séances par an, les 1 400 collaborateurs découvrent l’un des 64 métiers de l’entreprise. Le directeur délégué se fait barman, l’employé à la plonge jardinier, le réceptionniste chef de l’équipe de nettoyage…

Reconnu, responsabilisé, le salarié est non seulement appelé à devenir le patron de sa propre vie professionnelle, mais aussi l’arbitre des process et des organisations. D’où la recherche par le management durable d’une plus grande porosité entre les sphères professionnelles et privées. Chez Concerto, société spécialisée dans le recrutement, un quart des collaborateurs a choisi d’affecter une partie de son temps de travail (une demi-journée par semaine) à la réalisation d’un projet personnel ou à l’expression d’une passion. L’épanouissement de chacun profite à l’harmonie de tous. Et aussi, in fine, à la performance de l’entreprise.

Alors, le bonheur au boulot, si on s’y mettait vraiment ?

Muriel Jaouën

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