5 dynamiques de couple, et nous ?

couple1Jacques Salomé* identifie 5 grandes dynamiques caractérisant des systèmes relationnels qui fondent les couples : dynamique de la semblance, de l’antagonisme, de la complémentarité, du parasitisme et du miroir. Sans être exhaustifs, eu égard les particularismes de chacun, ceux-ci offrent néanmoins un socle de discussion. 

Afin d’en savoir un peu plus sur ces “cadres relationnels”, leurs richesses, leurs dangers et leurs évolutions possibles, nous avons rencontré Dominic Anton, psychothérapeute spécialiste du couple.

Préambule de Dominic Anton :
Jacques Salomé fait état de réalités grandissantes de notre époque, il faut rappeler d’où nous venons pour saisir ces évolutions relationnelles. Au début du XXe siècle, le mariage n’était pas nécessairement basé sur l’amour mais était souvent un mariage de raison, en vue d’intérêts, le plus souvent liés au patrimoine. Les « mutations » relatives à la notion d’individu ont contribué à faire progressivement de l’amour le modèle dominant dans les rapports conjugaux. Parallèlement à l’émancipation des femmes, l’exigence d’amour s’est instaurée dans le mariage. Le mariage pour la vie n’est pas une constante historique et culturelle. C’est l’idéologie bourgeoise qui a relayé l’idéal religieux en imposant progressivement le mariage. En effet, à la Renaissance, les gens avaient une conception antinomique de l’amour et du mariage. Les deux existaient en parallèle sans être liés. L’échange avec le tiers était plus ou moins admis. L’adultère a persisté jusqu’à nos jours et l’idée de l’amour vécu dans l’union conjugale est une idée moderne. Au 17ème-18ème siècles, l’adultère est considéré comme normal, le trio est parfois reconnu publiquement, peut-être pour concilier amour de raison et amour romance. L’idéal de mariage fidèle ne deviendra dominant que très tard, au cours du 20ème siècle.
Ce n’est plus le couple qui protège et rassure, mais l’amour, la compréhension, l’attention que chacun doit se donner, que chacun attend de l’autre.

1 / Dynamique de la semblance : partage des goûts ou chimère fusionnelle ?

Sens.fr : A lire cette dynamique on pourrait croire que c’est un fonctionnement idéal. On rêve tous d’avoir en partage des centres d’intérêts, des points de vue proches, jusqu’à découvrir que ce que l’un aimait chez Mozart c’était les sonates et chez l’autre, les opéras. Quels sont les profils psychologiques qui se prêtent le mieux à cette dynamique ? Et pourquoi l’aspect fusionnel est-il si souvent remis en question par les psychothérapeutes ?

Dominic Anton : Il est vrai que de se pencher sur ce qui construit ce lien de couple, cette dynamique serait le « rêve » de chacun(e). Elle fait appel aux sentiments les plus forts, aux émotions les plus profondes, or elle révèle principalement les représentations sociales de l’amour, l’autre est la preuve de mon existence, le révélateur de mon identité. Cette forme de mise en place relationnelle, principalement construite au travers du regard de l’autre est très en rapport avec le premier lien d’amour, retrouver ce qui s’inscrit inconsciemment, ce temps particulier de la dépendance mère/enfant.

On peut aussi y retrouver une forme de narcissisme excessif, « j’ai besoin que tu m’admires » ou bien « quand tu brilles, j’existe ». La passion est une idéalisation maximale de l’autre aux dépens de soi, qui ne nous guérit de rien et ne fait qu’amplifier, au fil du temps, les regards négatifs que l’on peut se porter.

Tandis qu’un amour plus raisonnable, donc plus humain nous mène à réfléchir sur nous. C’est quand disparaît l’illusion de pouvoir faire un avec l’autre que peut émerger une autre réalité de soi et de la relation. Une réalité qui nous restitue notre autonomie et qui permet d’accéder à une vraie relation.

Pour beaucoup d’entre nous, le couple fusionnel représente le modèle de la perfection amoureuse, la rencontre de deux âmes soeurs qui font tout, absolument tout ensemble. Ils donnent l’impression que l’un ne peut respirer si l’autre ne se trouve pas dans la même pièce.

L’amoureux fusionnel a la sincère conviction que l’autre comblera son propre vide, parce que l’autre y consent totalement et vice-versa. Ce qui revient à remettre dans les mains de l’autre, les clés de notre bonheur, de notre vie. Nul ne possède la formule magique pour rendre un tiers heureux ou pour assumer ses failles et manques intérieurs.

Tôt ou tard, la culpabilité entrera en jeu (je me sens coupable de ne pas être à la hauteur, je te fais sentir coupable de ne pas combler mes attentes), et emportera le couple fusionnel dans la spirale nocive du ressentiment, du remords, du reproche, et incidemment, dans l’accroissement de leur vide mutuel.

Cette dynamique est à mon sens totalement imprégnée de la notion d’amour romantique, l’amour parfait (l’homme de ma vie, la femme de ma vie), l’illusion de l’existence d’un couple parfait, sans conflit, l’idée récente que nous avons toutes et tous une “âme soeur”, qui implique donc que nous sommes prédestinés, par exemple : si une amie nous apprend qu’elle a rompu, la réponse immédiate sera, “ce n’était pas le bon”… sous entendu, le grand amour existe tu le trouveras…

Un amour plus raisonnable, donc plus humain, nous mène à réfléchir sur nous. C’est quand disparaît l’illusion de pouvoir faire un avec l’autre que peut émerger une autre réalité de soi et de la relation. Une réalité qui nous restitue notre autonomie et qui permet d’accéder à une vraie relation.

Sens.fr : Lorsque le couple est fondé sur cette dynamique de semblance, quelles sont les possibilités pour le faire évoluer ?

Dominic Anton : Ces phrases ne vous rappellent-elles pas quelques chose ?
“S’il (ou elle) m’aime, comment ne devine-t-il (elle) pas ce que je désire ?” L’autre n’est donc pas semblable à moi ? Comme un prolongement de moi-même ? Le chemin est long pour vraiment accepter et respecter cette différence. D’autres encore disent : “Mon conjoint est tout pour moi ! Je lui donne tout !” Le sous-entendu, rarement exprimé, voudrait dire : “En échange, je veux être tout pour lui (elle) !” Le tout de l’impossible ?

Apprendre à grandir en s’autorisant à se comprendre tant dans ses compétences que dans ses failles. Nous ne sommes pas tout pour l’autre, il n’est pas tout pour nous, même si nous sommes extrêmement importants l’un pour l’autre. Ne faire qu’un ne peut être qu’une illusion dangereuse. L’enfermement, même désiré et accepté, est source d’étouffement. Si on ne conserve pas des moments et des territoires personnels, l’amour manque vite de carburant et l’un des partenaires risque d’aller chercher de l’air frais à l’extérieur. C’est la manière la plus banale de sortir de la fusion.

Il ne faut pas négliger le « je », comprendre que de ne rester que dans le « nous » entraînera à court terme une frustration énorme de l’un et l’autre, la prise de conscience que de se penser « identiques » n’était qu’un leurre de la rencontre amoureuse.

Comprendre que s’autoriser à « être » dans une relation de couple s’est permettre à cette rencontre d’être dynamique, créatrice, ouverte et constructrice.

Il est impératif de se reconnaître pour reconnaître l’autre et donc ainsi construire à deux l’existence du couple.

2 / Dynamique antagoniste : l’affrontement, jusqu’où ?

Sens.fr : Challenger en permanence, certes c’est stimulant, mais il semble que la limite de la répétition des confrontations stérilisent la relation. Peut-on parler de rivalités dans le couple et est-ce une dynamique récente liée à l’évolution des rapports homme / femme ?

Dominic Anton : Le poète William Wordsworth écrivait « l’enfant est le père de l’homme ».

Et dans cette dynamique l’enfant n’est pas loin… À l’origine de tout affrontement, il y a une émotion négative : frustration, déception, sentiment d’humiliation. Cette émotion donne ensuite naissance à une volonté de s’y soustraire qui se manifeste le plus souvent par de la colère. D’abord envers l’autre jugé responsable puis, envers soi-même car on se reproche d’avoir manqué de discernement, d’avoir pris ses désirs pour des réalités, d’avoir imaginé que l’autre se conduirait conformément à ce que l’on attend de lui…

Il faut ensuite que ce ressenti désagréable atteigne puis dépasse un seuil de tolérance propre à chacun. L’expression «la colère qui déborde», décrit parfaitement la situation, bientôt on en perd le contrôle et elle s’épanche. Comme il faut être deux pour se disputer, l’escalade verbale s’installe. La symétrie dans la relation entraîne la rivalité et chacun s’efforce alors de rétablir l’égalité par rapport à l’autre, et pour cela apporte les mêmes ingrédients, voire un peu plus. De l’interpellation on passe à l’insulte, de l’insulte aux propos venimeux, et quand on a épuisé les mots, on en vient aux mains. C’est la montée de la violence dont on connaît les ravages et dont les victimes généralement se taisent.

La différence dans le couple est un atout, elle est porteuse possible de rencontres et de dialogues qui ouvrent vers de nouvelles mises en places constructrices. Ce serait dans ces termes une solution idyllique, mais voilà ce qui peut être un réel moyen de grandir et avancer dans la construction d’un lien de couple, devient la plupart du temps un empêchement.

Ce qui mobilisait le couple dans un premier temps devient simplement un enjeu de place et de pouvoir, avoir raison à tout prix et donc être reconnu à la place que je veux avoir.

Celle ou celui avec lequel je pouvais échanger et me sentir écouté devient mon pire meilleur ennemi, chaque propos devient une remise en cause, chaque pensée est rejetée comme absurde.

Le couple alors fonctionne sur un modèle constant de vigilance vis à vis de l’autre, devenant guetteur du moindre élément qui peut être remis en question, un modèle visant le “j’aurai le dernier mot”… Un enfant contre un autre enfant, la confusion du combat à mener, l’autre devient le parent avec lequel nous n’avons pas encore réglé certains de nos dysfonctionnements. Dans ce cadre là il est peu envisageable de construire, puisque tout devient matière à “dévaloriser” l’autre, exister devient alors un combat de chaque instant à livrer au dépend de celui ou celle qui devrait être à nos cotés comme allié.

Cette situation est trop souvent en lien avec le manque de confiance en soi, ne pas avoir été reconnu(e) dans sa propre famille, livrer un combat constant pour avoir sa place.

Le couple devient alors au fil du temps un exutoire, le lieu du tout est possible tant que je suis dans l’appropriation des mots qui “tuent”. Un espace qui ne peut être autre que dans le règlement de comptes. L’autre en existant me renvoi mes propres difficultés à être, un retour en arrière, à une place où le regard des parents n’apportait aucune valorisation.

Sens.fr : Comment peut on sortir de cette dynamique. Y a t’il un vie possible après la rivalité ? Comment s’en sortent vos patients ?

Dominic Anton : Plus le projet de couple est ténu, non-dit, présupposé, imaginé où que le couple n’est que l’association de deux égoïsmes, plus les disputes trouvent une place justifiée. Le modèle de couple favorise l’apparition de frustrations, déceptions et autres humiliations si l’on n’y est pas attentif.

Seuls les couples inscrit dans un projet fort, qui réunit chacun dans une quête d’« idéal » permet de gérer sereinement les divergences de points de vue. Dans ce cadre personne ne se sent dénié, ni dans sa légitimité relationnelle, ni dans son identité personnelle. Chacun peut se réclamer du projet de couple et le faire passer en priorité. Les déceptions et autres frustrations ne seront pas effacées, mais pourront être dites et expliquées pour partager son expérience avec l’autre et non pour lui en faire endosser la responsabilité.

Toute divergence peut être examinée dans le calme et avec un maximum d’efficacité si on garde présent à l’esprit que l’objectif est de résoudre le problème et non de combattre un adversaire.

Refuser l’affrontement n’est pas un signe de faiblesse mais une preuve de courage. Au cours d’une explication on peut être amené à reconnaître ses torts, admettre que l’on s’est trompé, ou que l’on en veut à l’autre, ou que l’on éprouve des sentiments peu glorieux. L’orgueil peut s’en trouver mis à mal, mais n’est-ce pas là une excellente occasion de renforcer ses liens ? Devenir l’adulte sans oublier l’enfant…

3 / Dynamique complémentaire : tu as ce que je n’ai pas, j’ai ce que tu cherches…

Sens.fr : Voici une dynamique qui aide à grandir apparemment ! Un cadre dans lequel chacun se fait important au regard de l’autre jusqu’à ce que… l’un évolue plus vite que l’autre ! Certes il n’y a pas de modèle idéal, mais pourtant l’idée de l’entraide semble fondamentale dans le couple. Qu’est ce qui cloche dans cette dynamique ?

Dominic Anton : Cette notion de complémentarité serait une bien belle histoire de couple au sens pur du terme. Etre complémentaires représenterait à en croire grand nombre de personnes, la voie unique de la réussite, mais est ce possible ? Ce serait nier la réalité de l’histoire de chacun(e), et donc ne se positionner que sur le fait d’être sexués différemment et de pouvoir, comme nous le recevons lors de l’enseignement religieux : « A la notion de l’égalité vient s’ajouter celle des différences. Dieu crée l’être humain homme et femme, physiquement et psychologiquement différents, Il ne faut donc pas essayer de nier ces différences, mais les apprécier. Chacun est unique. L’intention de Dieu dans la différence, c’est la complémentarité. »

Seulement voilà « avoir le même créateur » n’implique pas la même histoire familiale, apprendre de l’autre et avec l’autre sur un plan égalitaire entendrait que nous soyons tous identiques psychiquement, or nous avons tous par expérience approché (par exemple sur le plan scolaire, ou familial), les différences qui nous fondent sur un plan personnel.

Un fonctionnement sur une notion de complémentarité sans tenir compte des évolutions permanentes et des bagages différents de chacun, deviendra de façon imparable, un couple conflictuel, une histoire relationnelle qui se ressent soudainement comme impossible, ce qui était la mise en commun et un partage devient opposition et source de rejet.

Sens.fr : Comme pour les dynamiques précédentes, de quelle façon peut on faire évoluer la relation ?

Dominic Anton : L’évolution dans un tel couple doit se faire dans une recherche de dialogues qui soient reconnaissants de la place de chacun, être complémentaire ne veut pas dire ne plus être sans l’autre, or c’est bien souvent ce que peut entraîner ce schéma.

Avancer sans tomber dans les pièges des enjeux de pouvoir, ne pas oublier que ce qui autorise une relation peut devenir ce qui l’en empêche après quelques temps.

4 / Dynamique du parasitisme : servir l’autre jusqu’à l’oubli de soi

Sens.fr : Peintre, alpinisme, écrivain, des passions dévorantes, mais pour qui ? Dans cette dynamique, on voit bien que l’un se met au service de l’autre. Peut-on tenir une vie sur un tel modèle, au point de renoncer à ses envies ?

Dominic Anton : Oui des couples fonctionnent ainsi, où l’un « disparaît » dans la vie de l’autre.
L’évolution de l’un peut donc malmener l’équilibre du couple. Elle peut même le détruire quand ce qui change chez lui met en cause le socle constitutif du couple, le mythe fondateur. C’est pourquoi quand l’un des conjoints entreprend une thérapie personnelle, l’autre redoute parfois les changements auxquels il aura à faire face. Il peut être alors souhaitable que le couple ensemble soit aidé pour faciliter ces adaptations nécessaires. Enfin, dans certains cas, une évolution de l’un qui remettrait en cause le socle constitutif du couple ne saurait être acceptée.

Les couples de militants qui se forment essentiellement autour de leur engagement commun, avec la certitude qu’ils ont trouvé pour toujours la seule et unique façon de comprendre la vie, ne supportent guère une prise de distance, le doute de l’un de ses membres.

Les sectes, les intégrismes variés nous en donnent des exemples: celui qui n’adhère plus à la foi initiale est un mauvais objet à rejeter.

Sens.fr : Et si un jour l’autre se prend à son tour de passion pour un art, un sport, le couple peut il se retourner ou basculera t’il sur un autre modèle ?

Dominic Anton : Le changement d’un tel couple entrainera sans nul doute des étapes de frustration et de culpabilité suivant la place occupée. Ce qui était possible devient soudainement insupportable, ce n’est pas tant que l’un se mette à avoir une passion qui pourrait venir troubler la relation, mais plutôt l’étouffement ressenti par le « guide » de départ qui surgirait. Très rapidement le plaisir de savoir l’autre à ses côtés devient un calvaire, une sensation d’obligation, et le sentiment que cette proximité est liée au fait que l’un est incapable d’avoir une vie personnelle.

Il est évident qu’une telle relation ne peut perdurer, et qu’il est sans aucun doute indispensable de modifier le système, partager des activités reste une possibilité, mais dans un cadre où certains espaces personnels le restent.

 

5 / Dynamique du miroir : l’emprise par le soin…

Sens.fr : Alcool, dépression,… dans cette dynamique, le « soignant » se servirait de l’autre pour éviter de se confronter à lui-même, à ces propres problématiques. Ca fait un peu froid dans le dos comme mode relationnel. Existe t’il beaucoup de couples dans cette situation et comment les aider vous à en sortir ?

Dominic Anton : Oui, ces couples sont nombreux, la pensée de réparer l’autre en s’oubliant soi-même… cherchez l’erreur. Prenons, par exemple, le couple qui se bâtit sur la relation dominante soignant-soigné qui implique, plus ou moins, bien sûr, une mainmise de l’un sur l’autre. Nous trouverons plus fréquemment ce type de relation avec la femme dans le rôle soignant; son côté maternant et sa puissance maternelle trouvent là leur réalisation. Mais homme comme femme peuvent avoir, dans leur histoire, des images parentales, fraternelles à soigner, à réparer, d’où un charisme qui induit un tel choix conjugal. Une des explications possibles pour comprendre, le choix d’un mari alcoolique par une femme dont le père l’a été et qui en a souffert.

Cette femme dite « forte » prend en charge avec générosité un homme que sa fragilité psychique, son doute, rend vulnérable et dépendant et rêve d’en faire un homme, son homme.

Ce rêve est bien paradoxal. Car, si elle réussit, cet “enfant-homme”, en prenant son envol d’homme, a bien peu de chance de la choisir à nouveau, pour former un couple plus égalitaire.

On ne peut pas épouser “sa mère” si l’on veut devenir un homme, on ne peut pas épouser son “père”, si on veut devenir une femme.

 

Conclusion :

Sens.fr : 5 grandes dynamiques et pas une qui ne soit parfaite ! Cela donne à réfléchir. Au fond à quoi servent ces modèles ? Le couple idéal serait-il celui qui combine un peu de chaque dynamique ?

Dominic Anton : Une relation n’est pas un état de fait, mais une situation en mouvement permanent, une structure vivante dont l’architecture est dessinée quotidiennement par deux individus.

Deux êtres uniques qui devront réaliser une œuvre unique en y mêlant les couleurs de leurs deux histoires, en prêtant garde de ne pas se perdre dans les « combats » de blessures anciennes, antérieures à cette rencontre.

Je dis souvent aux couples qui me consultent, une rencontre se fait par hasard, mais le choix de l’autre n’est jamais un hasard.

Nous allons le plus souvent vers celle ou celui qui saura éveiller en nous nos pires peurs.

Une fois la première période passée, celle du possible de l’impossible, une fois que le quotidien vient occuper l’espace, nous voilà face à cette réalité. Ne pas oublier que notre rapport à la relation de couple est très récent, et que son imprégnation en est toujours à un stade « expérimental ». Les couples avant les années 70 avaient une forme relationnelle posée, la femme était mère et détentrice du pouvoir de l’intérieur, alors que le père était celui qui unissait matériellement et intervenait par sa simple présence pour épauler sa femme en terme de règles familiales.

L’émancipation des femmes et les modifications sociales importantes sont venues renverser ce shéma, et la notion du couple « romantique » s’est installée avec beaucoup de force.

Or le paradoxe actuel reste une dissociation du désir de faire exister ce couple romantique, en y polarisant la dimension sensorielle. La sexualité devient le baromètre de la relation, niant ainsi la réalité de ce qui compose chacun d’entre nous dans son ensemble, et par la même devient créatrice de conflits et d’incompréhensions.

Finalement les couples se forment espérant trouver le bonheur…

La recherche du bonheur quoiqu’il en coûte, le voyage d’une vie. Pourtant à en croire la lecture des différentes dynamiques toutes sont imprégnées d’écueils incontournables.

Peut-on éviter le naufrage d’une relation ?

Ma réponse serait oui lorsque l’on comprend que le bonheur n’est pas un objectif, mais qu’il s’agit du chemin, s’égarer sur la route nécessite simplement d’avoir un bon guide pour y retrouver la direction désirée, avant que de se perdre totalement.


Dominic Anton
Psychothérapeute, Psychanalyste, Coach Systémicien.
Site : dominicanton.fr


* Jacques Salomé est psychosociologue, diplômé de l’école des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris, formateur, écrivain, poète.
Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Le courage d’être soi (Ed. du Relié 1999), Vivre avec les autre (Ed. de l’Homme 2002), Jamais seuls ensemble (Ed. de l’Homme 2002).Télécharger la définition des 5 grandes dynamiques par Jacques Salomé

1 Comment

  • Je suis psychologue auteur de plusieurs ouvrages dont “La communication efficace” aux éditions Dunod (4ème édition). Je viens de mettre sur le marché un jeu “psychologique” pour l’harmonie des relations dans le couple . Il s’appelle Cochazard, le jeu du Je.
    100 cartes questions et 100 cartes réponses de coach, à mélanger séparément. 2 cartes retournées le soir = 10000 combinaisons qui stimulent l’expression de manière ludique. L’intervention du hasard, quand 1 question et 1réponse se retrouvent face-à -face, réserve des surprises et des révelations, quand viennent les interprétations de chacun.
    Notre organisme CLERE qui édite “ce jeu” travaille en partenariat avec Divorce.fr
    Au plaisir d’un échange sur le sujet.
    Bien à vous.

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